Sophia Lessard

Sexologue, conférencière, auteure et chroniqueuse média
 
     

Dans les journaux


À noter: La collaboration de Sophia à différents écrits est tellement fréquente qu'il est impossible de les répertorier ici.
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Lundi, 15 septembre 2014

On parle de Sophia dans le quotidien vaudois "24 heures"! 
Voici un article annonçant la venue de Sophia Lessard sexologue à Lausanne.

Le journal vaudois "24 heures" est le plus grand quotidien du canton de Vaud de Lausanne en Suisse. 




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La sexualité des enfants: comment répondre à leurs questions?

Par Fabienne Vinet, journaliste, Montréal, Canada

L’éveil à la sexualité des enfants peut mener à des situations cocasses ou embarrassantes pour les parents. Comment répondre à leurs questions sur le sexe et leur assurer un développement sexuel adéquat.

Aborder la sexualité avec son enfant est inévitable. Pourtant, c'est un sujet que bien des adultes ont du mal à évoquer avec naturel. «C'est souvent la peur de contaminer l'éveil et la sexualité future de l'enfant qui fait qu'on évite le sujet», constate Sophia Lessard, sexologue, maître en programmation neurolinguistique et hypnothérapeute. Il est en effet plutôt rare d'entendre des parents discuter avec un couple d'amis des épisodes masturbatoires de leur petite de trois ans! Par manque d'information, on a souvent l'impression d'être les seuls à vivre cette situation, déplore la sexologue. Alors que c'est tout le contraire.

Les enfants sont sexuels avant leur naissance

«La sexualité se développe dès la grossesse, alors que s'observent déjà plusieurs réponses physiologiques qui y sont liées», souligne Marie-France Viau, travailleuse sociale et consultante en sexologie au CHU Sainte-Justine. Dans ses premières années de vie, le bébé est une boule de sensations. Son éveil sexuel se fait d'abord avec son propre corps, qu'il explore avec ses mains et sa bouche (stade oral). C'est en général vers ses 18 mois que ses parents commencent à remarquer ses comportements sexuels, lorsque l'exploration du corps atteint les organes génitaux.

Mon enfant se masturbe

La masturbation est une étape normale de l'éveil sexuel qui s'amorce souvent lorsque l'enfant atteint l'âge de deux ou trois ans. Si on trouve mignon que son petit découvre ses orteils ou ses oreilles, on peut être un peu plus gêné qu'il explore ses organes génitaux, surtout s'il le fait en public! Pourtant, son intention demeure bien naïve: il apprend à connaître son corps.

«Il n'y a aucun message interne ou fantasme associé à la masturbation enfantine», insiste Sophia Lessard. Ce comportement exploratoire peut cependant devenir une habitude si le parent n'intervient pas. «L'enfant a besoin d'une structure pour encadrer son éveil sexuel, d'où l'importance de lui parler», poursuit la sexologue. «Si on ne pose pas de limites, c'est notre petit qui risque d'en souffrir», ajoute Marie-France Viau. Le silence ouvre en effet la porte à des comportements considérés comme inappropriés, puisque l'enfant ne sera pas en mesure de faire la distinction entre chez lui et chez un ami, entre la solitude et la présence d'autrui.

Les épisodes masturbatoires constituent de bonnes occasions d'expliquer à sa progéniture ce qu'est «l'intimité». Il faut cependant user de doigté pour que la notion ne soit pas comprise comme une nécessité d'aller «se cacher». L'enfant pourrait avoir l'impression que son comportement est mal puisqu'il doit s'isoler pour s'y adonner, souligne Sophia Lessard. «On peut expliquer que toucher son corps, c'est personnel, comme faire pipi, et qu'il y a des endroits pour le faire», suggère Marie-France Viau.


Maman, je veux être ton amoureux!

Sophia Lessard nuance la définition classique du complexe d'Œdipe énoncée par Freud au début du siècle dernier. Selon elle, il s'agit toujours d'un sentiment d'amour exagéré de la part de l'enfant, mais il est dirigé non plus vers le parent, mais vers l'adulte significatif de sexe opposé dans son entourage. Vu la réalité de la conciliation travail-famille, il n'est pas rare aujourd'hui que l'éducatrice en garderie ou le nouveau conjoint devienne l'objet de cet amour. Cette situation, aussi délicate soit-elle, permet de clarifier les rapports amoureux avec l'enfant et d'énoncer certaines règles de base, indique Marie-France Viau.

La réponse classique «je ne peux pas être ton amoureuse, car j'ai déjà un amoureux» n'est pas forcément la meilleure, puisqu'elle met l'accent sur la disponibilité. En cas de séparation, l'enfant pourrait déduire «qu'il a une chance». «On tentera plutôt d'expliquer qu'un adulte peut aimer de cette façon seulement un autre adulte, comme les girafes peuvent aimer seulement les autres girafes», suggère Sophia Lessard. Une réponse qui permet de structurer le concept d'amour et d'aborder la prévention des abus sexuels sans être alarmiste. «On peut ajouter que si un adulte dit à un enfant qu'il l'aime comme un amoureux, il faut en parler, parce qu'il n'a pas compris la règle», poursuit la sexologue.


On joue au docteur

Le fameux jeu du docteur survient généralement vers quatre à six ans (stade phallique). L'enfant réalise alors qu'il y a des différences entre garçons et filles, et que ses parents aussi sont sexués. «C'est pour s'informer, pour satisfaire sa curiosité, mais aussi pour se rassurer qu'il se compare aux autres», explique Sophia Lessard.

Que faire si on surprend son petit à jouer au docteur? Inutile de grimper aux rideaux! C'est d'abord un signe qu'il est temps de lui parler des différences sexuelles et d'aborder avec lui la question de la croissance, recommande Sophia Lessard. Elle suggère entre autres de le faire en lisant des histoires qui explorent la sexualité.


Garçons et filles: est-ce qu'on est pareils?

Le stade qu'on qualifiait autrefois de latent (entre 6 et 12 ans) semble plutôt correspondre à une étape de raffinement, poursuit Sophia Lessard. «On choisit avec qui on s'amuse. C'est une période d'homosocialisation où les jeux sexuels se font plutôt entre enfants du même sexe.» On compare ses sous-vêtements et on trouve souvent inintéressants et «nonos» les jeunes du sexe opposé.

La préadolescence frappe souvent vers neuf ans. Les enfants veulent alors profiter des privilèges des adolescents sans avoir la maturité nécessaire pour le faire, explique Marie-France Viau. Les fillettes ne réaliseront pas, par exemple, l'effet de leur habillement sur leur entourage. C'est une période où le rôle des parents est très important et où l'encadrement doit s'effectuer dans la nuance.


On s'inquiète si...

«Si notre enfant adopte des comportements qui appartiennent à la fantaisie des adultes, il faut investiguer», souligne Sophia Lessard. Certains gestes peuvent également devenir problématiques s'ils ne se produisent pas dans des relations d'égal à égal. C'est le cas par exemple si un enfant subit le désir de jouer de l'autre. «Les jeux sexuels doivent aussi se faire entre jeunes du même âge», précise Marie-France Viau.

Dans tous les cas, il faut laisser la porte ouverte à la discussion. Lorsque l'enfant pose une question sur la sexualité, on peut d'abord lui demander ce qu'il en pense. «Très souvent, on lui déballe toutes les étapes du développement sexuel alors qu'il ne cherchait qu'une petite partie de la réponse», remarque Marie-France Viau. Entre la grossesse d'une amie et le changement de couche du plus jeune, la vie présente souvent de belles occasions de parler tout naturellement de sexualité avec son enfant.


Suggestion de lecture

La découverte de la sexualité et ses mystères, Sophia Lessard, Éditions Sexprime, 2001.

Ma sexualité de 0 à 6 ans, Jocelyne Robert, Les Éditions de l'homme, 1985.

 

Article de Fabienne Vinet, journaliste, paru sur le site de servicevie.com


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Apprivoiser la sexualité des enfants


Par Renée Laurin
Le Journal de Montréal

J'ai posé la question à mes voisins, comme je le fais parfois lorsque je suis en panne d'inspiration: «Qu'est-ce qui vous préoccupe le plus dans votre vie de parents en ce moment?» Mes voisins ont deux jeunes enfants, un garçon de quatre ans et une fille de 18 mois. Journal de Montréal 


«Je dirais la sexualité...», m'a répondu le voisin sans hésiter une seconde.
-Et alors, c'est quoi le problème? la fréquence, j'imagine?

-Mais non, je parle de mon fils qui s'amuse à jouer à «touche-pipi» avec ses amis... Une tout autre histoire, en effet, mais qui peut parfois devenir aussi préoccupante pour les parents.

Jouer au docteur?

C'est que petit Émile (non fictif), 4 ans, a été surpris deux fois sous une couverture avec son copain. Ils rigolaient bien, les deux petits amis, et pour cause: lui et son copain s'amusaient à découvrir leurs organes génitaux lorsque ma voisine les a pris sur le fait, sous leur tente improvisée.

La mère, légèrement embarrassée, a préféré ne pas faire d'histoire avec ça. Après tout, qui n'a pas joué au docteur à cet âge? «Bon, ça suffit maintenant, on se rhabille et on joue à autre chose», s'est-elle contentée de leur dire en souriant devant leur mine déconfite.

Dans les circonstances, elle a fait ce qu'il y avait de mieux. Monter toute une histoire avec ce genre d'épisode tout à fait normal dans le développement d'un enfant ne ferait que leur donner l'impression qu'ils sont en train de faire quelque chose de mal ou d'interdit, disent les sexologues. De fait, pourquoi devrait-on s'inquiéter alors que nous sommes à peu près tous passés par là sans pour autant nous transformer en délinquants sexuels?

Ma voisine partage cet avis, mais lorsque quelques jours plus tard elle a surpris son fils en train de répéter le même petit manège avec le voisin de deux ans son aîné, elle ne l'a pas trouvé aussi drôle. D'autant plus que fiston lui racontait avoir été serré d'un peu trop près par son copain. Que faire dans une situation pareille? D'instinct, elle a compris qu'elle devait réagir autrement: «Plus question de laisser ces deux-là seuls sans surveillance», m'a-t-elle dit.

Un peu fort comme réaction? Peut-être pas. Chacune des situations est différente et doit être évaluée dans son contexte. Mais selon ce qu'en disent les experts, dans le doute il vaut mieux éviter que des jeunes d'âges différents s'adonnent à ce genre d'exploration sexuelle.

Si ces jeux sexuels sont nécessaires à la découverte de soi et de l'autre, il arrive, malgré tout, qu'il y ait des contextes d'abus de pouvoir et d'emprise de certains enfants sur d'autres. Lorsque la situation se produit, c'est le moment idéal pour parler de respect de l'autre et encourager les enfants à s'affirmer dans leurs choix, explique-t-on dans une brochure réalisée par la Coordination de l'aide aux victimes de maltraitance pour le gouvernement français.

La masturbation

Sur le site d'Éducatout, la sexologue Sophia Lessard explique que la masturbation est relativement fréquente chez les deux sexes, entre la naissance et trois ans. Elle précise aussi que le tiers des enfants de 3 à 8 ans la pratiquent. Chez les enfants de 6 à 12 ans, la masturbation serait pratiquée par la moitié des garçons et par le tiers des filles.

Comme la plupart des sexologues, elle rappelle qu'il s'agit d'un processus normal qui permet à l'enfant d'explorer son corps et les sensations de plaisir qu'il lui procure. Ces caresses peuvent aussi servir à évacuer tensions et angoisses. Jusqu'à un certain point, il n'y a pas lieu de s'inquiéter, mais lorsque le comportement devient compulsif, il vaut mieux consulter, car il peut être le symptôme d'un autre problème.

Intimité

Et la masturbation en public?

La plupart des sexologues vous diront qu'il vaut mieux faire comprendre à votre enfant que la masturbation est un acte privé qui doit se faire dans l'intimité de sa chambre ou dans la salle de bain. D'autres croient, au contraire, que la meilleure solution est de ne pas en tenir compte puisque dans la grande majorité des cas, ce comportement disparaîtra de lui-même. Ils soulignent, en outre, qu'en parler pourrait faire croire aux enfants que certaines parties du corps sont sales et honteuses. À vous de choisir la solution avec laquelle vous êtes le plus à l'aise.

Quand faut-il s'inquiéter?

La masturbation doit inquiéter lorsque:

• elle nuit aux autres jeux;
• l'enfant caresse ses organes génitaux plusieurs fois par jour, de façon compulsive.

Les jeux sexuels doivent inquiéter lorsque:

• ils se font avec des enfants plus jeunes ou plus vieux;
• ils impliquent une notion de force ou de manipulation;
• l'enfant cherche à insérer des objets dans les parties intimes d'un autre enfant;
• les enfants imitent les comportements sexuels des adultes de façon surprenante (par exemple une relation
sexuelle vaginale, orale ou anale avec un autre enfant ou avec ses poupées, ses toutous).
Source:

www.educatout.com/educ_sophia_lessard/chroniques.htm

Pour aller plus loin

La Découverte de la sexualité et ses mystères, Sophia Lessard, éditions Sexprime
Ma sexualité de 0-6 ans, Jocelyne Robert, Les Éditions de l'Homme.

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La sexologue Sophia Lessard dédramatise les situations délicates auxquelles pourraient faire face de nouveaux parents; entre autres, elle suggère des réponses honnêtes aux questions difficiles les plus souvent posées par les enfants au sujet de la sexualité. Christian Charbonneau, réalisateur, Télévision Rogers, émission Francopinion, Ontario.

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TVA

Émission « Deux filles le matin »
Du mercredi 30 septembre 2009

Livres suggérés par Marie-Claude Barette lors de cette émission

La découverte de la sexualité et ses mystères
Éditions Sexprime
Sophia Lessard

J’explore
Éditions Uni-Vers
Sophia Lessard et Stéphanie Glaveen

http://tva.canoe.ca/emissions/deuxfilleslematin/archives/52596.html