Dans son article, Renard Léveillé rapporte qu'un professeur de secondaire 5 a été suspendu trois jours par le directeur de son école. La raison : il a distribué des documents traitants de sexualité à ses élèves : http://www.renartleveille.com/education-sexuelle-un-enseignant-suspendu-pour-avoir-fait-son-travail/
Mon regard ne porte pas sur le contenu distribué, ni sur les sujets que cet enseignant a choisi d'aborder avec ses élèves. Je suis interpellée par la situation des enseignants et des adolescents dans le contexte de la réforme à l’éducation mise en place par le ministère de l’Éducation et le ministère de la Santé et des Services sociaux.
Depuis 2001, l’éducation à la sexualité ne relève plus d’une seule matière ou d’un seul intervenant, mais est la responsabilité d’un ensemble de partenaires. Dans le document “ L’éducation à la sexualité dans le contexte de la réforme de l’éducation ” on peut lire : Bien qu’il existe une multitude de ressources didactiques pour mener à bien la démarche d’éducation à la sexualité, il n’en demeure pas moins que diverses craintes et résistances peuvent subsister chez le personnel enseignant ou non enseignant. Une crainte fréquente est la peur d’en dire trop et de heurter la sensibilité de l’enfant ou encore de l’adolescent. Il existe pourtant maints exemples où l’on constate que le silence sur un phénomène ou l’évitement d’une question peut perturber davantage qu’une réponse honnête, aussi difficile soit-elle à formuler. Encore aujourd’hui, peu d’enseignants osent aborder le sujet de la sexualité de peur de faire les manchettes ou d’être face à une suspension comme c’est le cas ici.
Le canevas de base des interventions en éducation à la sexualité au secondaire pour les élèves de 12-17 ans porte sur la globalité de la sexualité humaine. Ainsi, la connaissance des aspects pluridimensionnels de la sexualité (aspects biologique, psychoaffectif, socioculturel, relationnel et moral) est proposée. La question est : Pourquoi avoir mis cela dans les mains des enseignants?
L’adolescence est une période de questionnements de toute sorte. Les adolescents entretiennent encore et souvent de fausses connaissances. Un jour, une adolescente est venue me rencontrer car elle croyait être enceinte. Lorsque je lui ai demandé si elle avait un moyen de contraception, elle m’a répondu : « Oui, je prends les pilules de ma sœur ». Ces adolescentes se partageaient une boîte d’anovulants (pilules). Ainsi, chaque fois qu’une d’elles faisait l’amour, elle s’insérait une pilule à l’intérieur du vagin!!!
Les adolescents sont anxieux et cherchent des réponses à leurs questions. Mais à qui les poser? Le plus simple pour eux, c’est encore Internet. À défaut de mieux, la pornographie sert souvent à « éduquer » nos jeunes. Est-ce bien ce que nous souhaitons?
En décembre 2011, la ministre Beauchamp à confirmé le retour d’une formation en éducation à la sexualité. Il était alors non pas question de nouveaux cours, des blocs de formation obligatoire qui viendraient s'insérer dans les cours existants (http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/education/201101/18/01-4361268-education-sexuelle-les-sexologues-veulent-avoir-un-role-a-jouer.php) C’est ahurissant!
« Excusez-moi, au lieu de prendre 4 hot-dogs, je vais prendre 4 saucisses et 4 pains longs SVP. » C’est du pareil au même!
Combien d’entres-vous vont voir leur pâtissier ou leur menuisier pour effectuer le changement d’huile de leur voiture? Allez-vous voir votre esthéticienne pour vous faire couper les cheveux? Il y a certainement des enseignants à l’aise à enseigner la sexualité mais de grâce, il existe des professionnels qui possèdent la reconnaissance, l’expertise, les connaissances, l’aisance et la réflexion. On les appelle des sexologues!
Sophia Lessard, Sophia Lessard communication
Sexologue, maître en Programmation Neuro Linguistique (PNL), hypnothérapeute.
Ce texte vient du site www.sophialessard.com
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