La sexualité de nos ados… Petite histoire…
Voici une discussion que j'ai eu avec une jeune de 14 ans:
Elle: " Sophia, tu as dit que faire l'amour la première fois ça ne fait pas si mal..."
Sophia: "Si tu n'as pas le goût, que tu ne te sens pas prête, confortable, intime avec ton chum. Que tu fais cela pour lui faire plaisir, que ta tête, ton corps et ton cœur ne disent pas un gros OUI ou que vous n'avez pas tout votre temps, ça peut faire plus mal puisque tu seras tendue et que tu n'auras pas le goût de vivre ce moment. Qu'y a t-il?"
Elle: "Ben moi, ça fait déjà quelques fois qu'on le fait pis j'ai encore mal"
Sophia: " Que veux-tu dire par mal"
Elle: "Ben ça brule tout le temps"
Sophia: "Alors, là on ne parle pas de ton hymen mais bien du fait que tu n'es pas assez excitée et que tu es probablement très tendue.
Réflexion: As-tu vraiment le goût? Prenez-vous le temps de vous caresser partout partout avant? Te sens-tu libre d'arrêter quand tu dépasse ta frontière du plaisir? Il ne faut pas continuer à faire l'amour quand "ça brûle". C'est le meilleur moyen pour commencer à redouter de ce moment, le meilleur moyen pour faire en sorte que ton vagin commence à se fermer, à se contracter de plus en plus afin d'éviter la pénétration. "Ton corps manifestera ce que tu n'arrive pas à faire. Tu sais, il est ton grand complice."
En parlant un peu avec cette fille qui pourrait être la mienne, la vôtre, je me suis rendue compte qu'il n'y avait aucun endroit où elle pouvait vivre librement sa sexualité. Alors, son chum et elle font l'amour (ou ce qu'il peut en rester) un peu partout vite, vite avant que quelqu'un arrive... Pensez-vous vraiment qu'elle a le tempsde se détendre? de lubrifier? de s'ouvrir? Quelques années plus tard, cette fille, cette femme viendra me voir car on lui dira qu'elle souffre de vaginisme.
---Le vaginisme est une contraction musculaire prolongée ou récurrente des muscles qui entourent l'ouverture du vagin. Cette action réflexe, involontaire et incontrôlable, empêche de façon persistante toute pénétration vaginale désirée, même par un doigt ou un tampon hygiénique. Sa source est toujours psychologique, mais découle souvent d'une source physiologique. Une tentative de pénétration en dépit d'un vaginisme peut entraîner de graves douleurs (dyspareunie) qui vont souvent l'exacerber.---
Nos ados ont besoins d'un lieu chaleureux et sécuritaire pour expérimenter la sexualité. Leur chambre? OUI!!! Qu'elle merveilleuse idée! Évidemment, il faudra s'assurer que cela ne dérange pas le reste de la famille. Oui, il faudra mettre quelques consignes; L'amoureux n'a pas besoin d'être à la maison 7 jours sur 7 et vous n'avez pas à accepter que les ados se retrouvent dans la chambre 24 heures sur 24.
Dites-moi, en 2011, au nom de quoi, au nom de qui, je cherche à l'imiter le bien-être sexuel de mon enfant?
- Trop grande rigidité?
- Pour protéger sa réputation?
- Par peur?
- Par religion?
-Parce qu'on veut le meilleur pour eux? (C'est quoi le meilleur???)
- Parce- qu'on est habitué de se fermer à la sexualité? Vous croyez que la sexualité est sale? C'est drôle, je suis devenue sexologue parce-que je la vois sacrée et précieuse!
On est beaucoup plus capable de protéger notre jeune quand on se garde complice de son parcours et qu'il est sous notre toit!
À moins que vous préfériez qu'il vive cela en plein party!
© Sophia Lessard, Sexologue
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