Quand vous étiez petit, on vous a présenté le grand livre de la
bienséance. À l'intérieur, plusieurs sujets s'y retrouvaient : le langage,
l'importance du respect des personnes âgées, l'art de savoir manger,
celui de savoir boire, le vouvoiement et évidemment l'abc de la politesse.
Sous le sceau de la politesse, on vous a probablement appris qu'il
était de mise d'embrasser les gens qui arrivent à la maison ou qui en
repartent. On vous a dit aussi qu'avant d'aller vous coucher, vous
deviez embrasser les convives présents.
Il y avait des fois où vous aviez un réel plaisir à faire le tour de la
table pour embrasser tous les amis. Il y a d'autres fois, par contre,
où vous auriez préféré passé votre tour.
Vous êtes-vous déjà fait dire : « Allé, allé cesse de faire à ta tête et va embrasser
grand-maman et grand-papa. Ils vont être tristes si tu ne leur donnes pas un bec avant
de te coucher. » ou bien « On s'en va, va donner tes becs »? Il y a des fois où vous étiez
ravi de faire la distribution des bisous. D'autres fois, souvent avec ces mêmes gens, vous
n'aviez pas le goût. Et là, les choses se corsaient. On ne vous reconnaissait pas le droit
d'avoir le choix d'embrasser ou pas. Vous étiez un enfant et deviez vous montrer gentils.
Pourtant, ce n'est pas parce que vous n'aimiez pas ces gens que vous ne vouliez pas les
embrasser. C'est tout simplement parce que vous n'étiez pas dans cet état-là. Dans la
liste des personnes qu'on vous demandait d'embrasser, il y avait souvent les gens
formant votre famille, les amis de vos parents, les gens que vous voyiez parfois même
pour la première fois, mais il fallait faire belle impression... Il y avait peut-être aussi ces
oncles à la main baladeuse, ces tantes trop collantes ou ces lèvres trop mouillées. Bref,
l'instant d'un baiser pouvait être synonyme de plaisir et aussi de dégoût et de résignation.
Par habitude et par convention sociale, on en vient à obéir, à se soumettre à la norme, à
la règle. Et aujourd'hui encore, quand vient le temps des Fêtes, et particulièrement pour
la nouvelle année, vous vous soumettez à la coutume qui dit que vous devez embrasser
et souhaiter la bonne année à tous les gens présents à la fête. En avez-vous le goût? Si
oui, c'est fantastique! Sinon, vous permettez-vous, maintenant que vous êtes grand,
d'embrasser les gens que vous choisissez? Vous en donnez-vous le droit alors que,
dans le passé, on vous l'a refusé? Subissez-vous encore la pression de cette convention
sociale?
Et vos enfants, est-ce que vous voulez leur léguer cette convention?
Ceci me fait penser à cette jeune fille qui m'avait confié qu'elle détestait le jour de l'An,
car elle était obligée d'embrasser tout le monde, y compris son grand-père. Son
grand-père qui, en d'autres temps, s'était permis d'avoir la main baladeuse. Depuis,
elle avait été capable d'éviter de se retrouver seule près de lui. Néanmoins, le jour de
l'An l'obligeait à vivre une proximité qu'elle ne souhaitait pas.
Ceci me fait aussi penser à cet homme qui me confiait qu’enfant, il avait une tante
tellement collante qu'il était constamment obligé de recevoir ses étreintes envahissantes.
Il se rappelle encore du malaise qu'il éprouvait d'avoir la tête emprisonnée entre ses
deux gros seins paralysants. Il l'aimait bien, mais aurait voulu simplement lui serrer la
main. Ainsi envahit, il faisait sa bonne action pour paraître « bien élevé ».
Il y a des jours où vous avez envie d'être très près de vos enfants, des gens que vous
aimez. Il y a d'autres jours où, même si vous aimez énormément ces derniers, vous
gardez une certaine distance, tout simplement parce que vous êtes ailleurs et ne
ressentez pas ce besoin de proximité. Vous avez compris qu'il y a mille et une façons de
montrer son affection, son attachement ou son amour. Heureusement, tout ceci ne se
confine pas uniquement au baiser !
À ce titre, au lieu de dire à l'enfant : « Va donner un bec, on part », il est important de
proposer à l'enfant : « As-tu le goût de donner un bec sur la joue, un bec soufflé, d'offrir
une belle caresse ou tout simplement de dire un beau bonjour avant de partir? ».
Loin d'être banal, ce choix transmet à l'enfant qu'il est l'unique propriétaire de son corps.
À ce titre, il se doit de se respecter et de se faire respecter. Sans être impoli, il y a
plusieurs façons d'arriver à dire bonjour et au revoir. Il comprend aussi qu'il a le privilège
de faire entrer dans son intimité les personnes qu'il veut bien y faire entrer.
L'intimité est à l'épanouissement personnel ce que la fierté est à l'estime de soi.
Sur ce, passez un excellent temps des Fêtes. Qu'il soit rempli d'amour, de rires, de
surprises et d'authenticité!
Au plaisir de vous voir ou de vous revoir en 2012 dans l'une ou l'autre de mes formations.
Gardons contact !
© Sophia Lessard
Sexologue, maitre praticienne en Programmation Neuro Linguistique (PNL), hypnothérapeute
Auteure, communicatrice médias, formatrice et conférencière
Pour communiquer avec moi:(514) 495-0840 poste 1
Courriel : sophia@sophialessard.com
Site : http://www.sophialessard.com
facebook Pro: Sophia Lessard, sexologue
Twitter: Sexologue Sophia
|