Voici ce que vous pouvez lire à propos des glandes de skene sur le site de Wikipédia : « Les glandes de Skene sont, chez la femme, des glandes diffuses situées tout le long de l'urètre. Au moment de l'orgasme, ces glandes ont pour fonction de sécréter un liquide, translucide comme de l'eau, par deux petits orifices situés près du méat urinaire. Ce liquide n'est pas de l'urine. Les glandes de Skene se gorgent plus ou moins en liquide durant la phase d'excitation. Le volume émis peut donc être faible et passer inaperçu. Il peut aussi être important et être éjecté alors avec vigueur : c'est l'éjaculation féminine. L'orgasme ne se traduit pas nécessairement par cette émission de liquide, et l'émission de ce liquide n'est pas non plus nécessairement liée à un orgasme. Les glandes de Skene sont en relation anatomique avec le point G et constituent l'équivalent de la prostate pour l'homme. » Cette explication a le mérite d’être claire et juste.
À la question de l’article (http://www.docteursexe.com/sexe-en-vrac/les-femmes-fontaines-2013): Peut-on devenir une femme fontaine? L’Auteur (inconnu) répond : « Ce n’est pas possible, les femmes fontaines sont assez rares et elles possèdent une particularité anatomique au niveau du point G ».
À cette fausse affirmation, je ne peux m’empêcher de réagir! Je réponds sans ambiguïté: OUI! Les femmes possèdent un clitoris, une vulve, un vagin et, des glandes de Skene fonctionnelles! Ce n'est pas parce qu'une femme ne fait pas l'expérience de l'orgasme clitoridien qu'elle n'a pas de clitoris, qu'il est non fonctionnel ou qu'elle est vouée à ne jamais ressentir d'orgasme avec celui-ci.
Toutes les femmes ont des glandes de Skene. Reste à savoir comment les stimuler (ce n'est certainement pas à mettre deux doigts dans le vagin et à bouger d'un va et vient habituel qu'on stimulera adéquatement ces glandes!) La sexualité féminine est complexe, exploratoire et sans fin. Encore faut-il vouloir y consacrer le temps nécessaire à son apprivoisement. Là est le point central. Il faut aussi deux partenaires curieux axés sur la découverte plutôt que sur la performance.
Vous avez peut-être entendu parler aussi de cette recherche menée par une équipe du King’s Collège de Londres composée de deux chercheurs qui concluent que le point G n’existe pas!
Pour cette étude, 1804 femmes âgées de 23 à 83 ans ont rempli des questionnaires. Les chercheurs Tim Spector (un professeur d’épidémiologie génétique) et Andrea Burri (une psychologue bernoise) ont livré le résultat de la recherche avec les conclusions suivantes: “le point G est une donnée totalement subjective”.
Ouille ça fait mal! Pourtant bien avant la constatation de monsieur Graffenberg en 1950 à l’effet qu’il y avait une zone particulièrement innervée et réceptive dans le vagin de la femme susceptible de lui procurer un plaisir intense, cette zone était déjà connue sous le nom de perle noire chez les taoïstes ou de kanda chez les tantristes.
Imaginez, c’est un peu comme si on réunissait 2000 femmes et qu’on leurs demandait si elles sont sensibles des mamelons! Certaines diraient non, d’autres oui, d’autres ça dépend, d’autres diraient « je ne sais pas trop puisque ça me chatouille », etc. Est-ce à dire que “la sensibilité des mamelons est une donnée totalement subjective”? Voyons donc! Il faut comprendre que bien que l’homme et la femme aient toutes deux des mamelons l’intensité ressentie à leurs stimulations est variable. C’est ainsi pour toutes les zones du corps.
Il y a donc le ressenti de base du corps; variable d’une personne à l’autre, dépendant des apprentissages, des messages et de l’éducation reçue, la biologie pure de la personne; qui fait qu’une partie de son corps est plus innervée qu’une autre partie et il y a le ressenti développé; celui qui naît en cours d’exploration parce que l’on s’est donné la permission et le temps nécessaire à l’apprivoiser et à le reconnaître.
Vous savez, la sexualité c’est un peu comme le fait de se nourrir. Je peux manger du Mac Do; ça fait ce que ça a à faire : ça remplit! Je peux décider de manger à la maison, de tamiser les lumières, de mettre des chandelles et une musique d’ambiance et déjà mon rapport à la nourriture, ma digestion et ma satisfaction en seront changés. Je peux penser à tous ces gens qui ont travaillé spécialement pour moi afin que cette nourriture soit rendue dans mon assiette; à ces gens qui ont cultivé mon riz, à ces agriculteurs qui ont cultivé mes légumes et même à ces chercheurs, ces inventeurs, ces innovateurs qui ont fait en sorte que je mange avec une belle assiette, de beaux ustensiles, dans la chaleur et le confort de mon foyer. Quand on y pense quelle richesse de savoir que des milliers de gens répartis sur plusieurs générations et sur tous les continents ont travaillé en quelque sorte pour nous! Je peux être remplie de gratitude envers eux, choisir de reconnaître l’abondance qui est là et remercier la vie. Ce faisant j’apporte une dimension plus sacrée à mon repas.
Le plaisir sexuel est ainsi, il peut se consommer rapidement et me permettre de m’énergiser et il peut se vivre en suspendant le temps, par un rendez-vous plus intime avec soi ou avec l’autre et me permettre d’être à la rencontre de ma plénitude et de ma dimension sacrée. Ces deux facettes existent et sont bonnes en soi. Qui n’apprécie pas le « fast food » une fois de temps en temps! Ce qui serait dommage serait de s’y limiter!
Je l’ai dit, je l’ai écrit et je le précise à nouveau, les femmes possèdent le corps parfait pour ressentir le plaisir sexuel… Trop souvent encore elles ne le savent pas, elles ne prennent pas le temps de se connaître et remettent la responsabilité de leur plaisir entre les mains de leur partenaire. Elles sont remplies d’ambivalence face à se vivre en tant que femmes sexuées craignant le spectre de la pute si insidieusement implanté et encodé en elles. La sexualité est un trésor à découvrir. Pour cela la femme doit prendre le temps et se donner rendez-vous. Cela ne se fait pas avec un désir d’atteindre un objectif mais bien avec l’attitude d’explorer, d’être curieuse et d’expérimenter pour le
plaisir sans attente de résultat.
Que ces chercheurs poursuivent leur recherche en travaillant cette fois avec des femmes qui ont découvert cet espace de puissante volupté. Qu'ils demandent aux hommes comment ils s'y prennent pour caresser les femmes. Qu’ils apprennent d’eux, ensuite ils pourront le reconnaître chez d'autres et faire avancer notre compréhension.
Les nombreux témoignages de femmes et la curiosité grandissante des chercheurs à ce sujet nourriront la naissance de d’autres recherches. Celles-ci faites avec d’autres méthodes et régies par des questionnements plus fins, de plus en plus précis. Ne dit-on pas que la lumière émerge du chaos?
© Sophia Lessard, sexologue
Sexologue, maitre praticienne en programmation neuro linguistique
Auteure, communicatrice médias, formatrice, conférencière